Notre grand voyage en Asie...

Shipping story (les filles, vous pouvez passer directement à l’article suivant…)

02:49 , 6/03/2009, Chennai .. 3 commentaires .. Lien
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  28 février 2009 :

                                AVERTISSEMENT : cet article a pour buts :

-         de nous souvenir personnellement de ce « grand moment »

-         d’informer et si possible aider les futurs voyageurs

-         de faire rire ceux qui se délectent des galères des autres

A mon avis, c’est particulièrement rasoir à lire, alors , n’hésitez pas à passer à l’article suivant…mais quand même, pour nos fidèles lecteurs, ça peut vous donner une autre vision de notre voyage…

 

Ah ! Le shipping ! Un grand moment dans la courte vie des overlanders ! D’autant plus, apparemment quand il s’agit de rejoindre l’Inde.

Pour notre part, nous étions plutôt confiants car nous bénéficiions des conseils avertis d’autres voyageurs ayant suivi le même parcours (du combattant) il y a peu. Merci Bernard, Sylvie et André et son épouse. Qui plus est, nous allions shipper avec nos acolytes, j’ai bien sûr nommé Julie et David qui eux aussi voulaient envoyer leur fidèle destrier, Raymond l’Indestructible pour les intimes, jusqu’en Inde. Nous serions donc 4 pour affronter et vaincre les difficultés engendrées par l’administration indienne. Et ce avec un atout non négligeable : l’anglais parfait de sieur David. De plus, cela allait nous permettre de réaliser des économies substantielles en partageant les coûts.

            Première manche en Malaisie.

Nous avions déjà pris contact en toute fin d’année dernière avec plusieurs compagnies de shipping, et, après réception des devis, notre sélection n’en retenait que deux. Un RDV était fixé le 10/02 avec Jet express, compagnie utilisée par les voyageurs et amis susnommés. Le premier contact fût le bon. Ca nous paraissait simple, il y avait même des bateaux de façon plus fréquente que ce que nous pensions. Par contre première surprise, Jet express nous demandait de leur laisser les camions le 13/02 pour un départ le 17/02. Déjà 5 jours sans JJ ! Ca nous paraissait énorme…mais bon…

Le 13/02 fût donc une GROSSE journée. RDV à 9h avec le logisticien de Jet express, il nous guide jusqu’à leur zone de chargement où nous attend notre flat rack. (Un flat rack est un énorme plateau métallique avec une porte à l’avant et à l’arrière ; c’est sur ce flat rack d’une épaisseur d’environ 60 cm qu’on est sensé fixer le véhicule, puis le tout est gruté sur le cargo.). Il faut que nous préparions les camions. A savoir, vider les coffres de toit, les démonter et leur trouver une place à l’intérieur, tout ranger pour que rien ne bouge pendant la traversée, vider les réserves d’eau propre, d’eau sale, débrancher les batteries…etc. (J’en oublie sûrement). Ah ! Petit problème : le flat rack n’est pas celui inscrit sur nos papiers, nous risquons d’avoir des soucis pour récupérer nos bien à l’arrivée. Le logisticien fait donc échanger le flat rack. Ca y est, voilà le bon, nous pouvons monter les véhicules dessus. Tout est prévu, on nous amène une rampe d’accès métallique, JJ grimpe sans problème, Raymond le suit. Mais une fois les deux camions sur le flat rack, Raymond à les roues sur la porte du fla track (elle se replie vers l’intérieur !), impossible de la relever comme il est d’usage de le faire. Qu’à cela ne tienne ! Les agents de la manutention rallongent leur système de fixation, et c’est parti ! Les roues sont insérées dans des sortes d’étriers en bois, eux-mêmes cloués sur le flat rack, puis ils consolident le tout avec des tendeurs métalliques. Ca nous parait sérieux, nous sommes confiants. Viens notre tour de protéger les véhicules. JMarc avait prévu du papier vélleda pour obstruer les vitres (non, ne riez pas…), et des gros rouleaux de plastique, style film alimentaire pour empaqueter la bête. Mais nous ne nous en sortons pas…Pris de pitié, les agents nous donnent un coup de main, et avec leur film plastique, plus solide, et surtout l’aide d’un fenwick, voilà JJ tout bien emballé.

Nous abandonnons alors nos camions à leur sort…

            Le 18/02, nous nous envolons pour l’Inde, les camions auraient dû prendre la mer hier soir, mais nous apprenons que le départ a été reporté. Pour quelle raison ???

            Deuxième manche en Inde

            Le 19/02, ça y est le bateau a quitté la Malaisie hier soir. C’est la fin de la première manche : OUF !

            Dès le lendemain de notre arrivée en Inde, soit le 19/02, nous nous rendons, sans RDV, chez Seahawk, le forwarder avec qui les précédents voyageurs ont travaillé. Nous pensions faire de même, mais O ! surprise, alors que nous avions bien spécifié à Jet express que nous voulions être libres de choisir notre forwarder, ils ont noté sur le bill of lading, le nom d’une autre compagnie, à savoir : Interfreight. Marshall, le boss de Seahawk, ne peut donc pas travailler pour nous, sauf si Jet express change le bill of lading (B/L)

Nous nous rendons tout de même chez Interfreight, qui, lui, nous dit que le B/L n’est pas changeable donc que c’est lui qui fera le travail, au moins la première partie qui correspond au déchargement du flat rack sur le quai. Pour la deuxième partie, c'est-à-dire le dédouanement a proprement parlé, nous avons le choix de notre interlocuteur, car nous avions bien fait noter sur le B/L que nous souhaitions une « clearance by the owner himself ». Mais d’après Interfreight, c’est impossible de faire le dédouanement quand on est un particulier…(Oh ! le menteur ! Les Frachet et les Chazel viennent de le faire …)

On se sent pris au piège…D’autant plus qu’Interfreight peut nous indiquer le coût de son « service », mais pas celui des engins (grues et autres) qu’il devra utiliser pour le déchargement. (En fait, c’est le port qui décharge, facture au forwarder qui refacture au client…Je vous avais dit que c’était compliqué !...Vous avez toujours le droit de passer à l’article suivant !). On ne sait donc pas quel va être le trou dans notre porte-monnaie, et comme il semble qu’on ne se soit pas fait un copain en la personne d’Interfreight car nous n’avons pas l’intention de travailler avec lui plus que nécessaire, nous avons vraiment peur que la note soit salée…

            Vendredi 20/02

Seahawk admet qu’on ne peut plus changer le B/L, que nous devons donc faire effectuer le déchargement par Interfreight, mais il est d’accord pour nous « aider gracieusement » pour le dédouanement…si on lui fait de la pub auprès des autres voyageurs à venir.

Marshall prend donc les choses en main et commence à travailler pour nous en envoyant un mail à Interfreight lui demandant de lui fournir toutes les informations nécessaires dès l’arrivée du cargo et de ne pas bouger le flat rack de son lieu initial de déchargement.

Petit point de « détail » :  Interfreight refuse de délivrer le délivery of order (D/O) avant l’arrivée du cargo, ce que Seahawk avait fait pour nos prédécesseurs et qui leur avait permis d’avancer les démarches au lieu d’attendre, d’attendre, et d’attendre….

            Samedi 21 et dimanche 22

Marre de Chennai, on va passer le week end à Mahaballipuram…bonne bouffée d’air frais…

            Lundi 23/02

De retour à Chennai, nous nous empressons de téléphoner à Seahawk. Qu’apprenons nous ? Que notre cargo est arrivé dimanche soir, que le flat rack est déchargé, mais qu’Interfreight n’a donné aucune info sur où il se trouve et qu’en plus…aujourd’hui est un jour férié et qu’on ne peut entreprendre aucune démarche. Rrrrrr !!!!

            Mardi 24/02

Marshall nous interpelle concernant un nouveau problème : Viking, la compagnie qui loue le flat  rack, n’a pu, pour des raisons informatiques, n’éditer qu’un seul manifest. Le manifest correspond à la description, pour les douanes, des biens à donner au client. En un mot, ils ont édité un papier disant qu’il y a un flat rack, alors que nous avons de notre côté deux papiers, un pour JJ, et un pour Raymond. C’est un obstacle supplémentaire qui va nous causer souci auprès des douanes pour récupérer nos camions. Il faut absolument faire rectifier ce manifest. Normalement, Interfreight qui en avait été prévenu depuis jeudi, aurait dû le faire car c’est beaucoup plus simple à faire rectifier avant que le cargo ne soit arrivé à destination. Il n’a rien fait, et il est le seul à pouvoir intervenir auprès de Viking, pour la rectification. Nous sommes une fois de plus soumis à la bonne volonté d’Interfreight…

On apprend enfin le coût du déchargement. Il est plus élevé que pour nos prédécesseurs, mais ça s’explique par le fait qu’ils ont dû utiliser plus de matériel et des grues plus grosses pour notre flat rack de 40’ que pour ceux de 20’ dont nous avions eu les tarifs.

Tiens ! Encore un souci ! L’usage veut que la première semaine de stationnement du flat rack sur le quai soit gratuite. Manque de chance, Viking ne nous a donné que 3 jours. Le flat rack ayant été déchargé dimanche soir, à partir de demain, il va nous falloir payer…

Du côté d’Interfreight, la situation n’avance pas. Il bloque les informations, ou tout du moins travaille particulièrement lentement, empêchant Seahawk d’avancer…Afin de lui « mettre la pression », nous envoyons un mail à Jet express, son partenaire commercial privilégié, pour exprimer notre mécontentement et dire que dans la situation actuelle, nous ne pourrions pas recommander leurs services (Jet express + Interfreight) aux futurs overlanders. De son côté, Marshall écrit aussi un mail à Interfreight, en fait il lui fait véritablement la leçon, sans mâcher ses mots…Quand nous voyons ça, nous avons peur qu’Interfreight prenne la mouche et bloque carrément la situation. On s’imagine déjà devoir batailler pendant des semaines entières…Blues…

Nous attendons toujours le D/O.

            Mercredi 25/02

Finalement, les courriers plus ou moins menaçants ont fait leur effet. Le boss d’Interfreight explique que selon lui, il travaille au mieux, et pour nous prouver sa bonne volonté, il nous promet de nous rembourser une partie de sa commission et accepte de donner procuration à Seahawk pour obtenir le D/O chez Viking. On finit par obtenir ce sésame en milieu d’après-midi.(C’est Seahawk qui nous dit que c’est OK)

JMarc et David passent une heure à l’assurance pour remplir maints papiers, mais il faudra revenir à 16h pour avoir la police. De retour à 16h, ils n’obtiennent la police qu’à 18h.

On attend toute la journée la rectification du manifest, mais à 18h, c’est chose faite.

            Jeudi 26/02

RDV de bon matin aux douanes. On remplit les divers formulaires, et ils nous demandent le D/O…Et là surprise ! Gobi, l’agent de Marshall ne l’a pas…En fait, le D/O a bien été édité par Viking, mais personne de chez Seahawk ne s’est soucié d’aller le chercher ! On a effectivement le D/O en main à 15h. Il faut retourner aux douanes pour finir les formalités. Tout ça nous mène à 17h30. On espérait avoir RDV avec l’inspecteur pour cet après-midi, mais du fait du raté pour le D/O, le RDV ne sera que demain.

Pour entrer sur le port, assister à l’inspection des douanes et au chargement du flat rack sur un camion qui nous conduira (enfin, « nous », juste les camions, car pour nous, personnes, il faut encore louer une voiture avec chauffeur…) au lieu d’inspection, pour entrer sur le port donc, il faut encore faire des pass. Gobi, avait tout préparé. Mais les choses changent si vite en Inde…Désormais, il faut une signature supplémentaire. D’un officier se trouvant à l’intérieur du port, nous affirme t-on à l’extérieur ; mais non, c’est la signature de l’officier se trouvant à l’extérieur, nous déclare t-on à l’intérieur… Après 4 ou 5 aller-retour, Gobi-le-fidèle, arrive à faire signer le traffic manager. Nos pass seront valables demain entre 11h et 13h uniquement. On n’a pas intérêt à se louper…

            Vendredi 27/02 ou le jour de gloire…

11h30, on a les pass. (il manquait encore…je ne sais plus quoi !)

Le chauffeur et la voiture de location contactés par Gobi sont là et emmènent JMarc, David et l’inspecteur des douanes sur le port. 20 minutes d’inspection par véhicule. Un seul dégât :

Un capot de lanterneau cassé, on ne s’en sort pas mal.

13h30, l’inspection est finie, il faut ramener l’inspecteur à son bureau, mais c’est lunch time, il ne peut pas signer les papiers tout de suite, il faut revenir à 14h30…mais à 14h30, c’est tea time…Il revient à 15h30. Et là, les douaniers s’étonnent de voir toujours Gobi derrière nous et lui demande qui il est. Gobi pique un gros fard…Qu’allons nous entendre ? En fait Marshall n’a pas le droit de faire des dédouanements. Pour être habilité, il faudrait qu’il verse aux douanes entre 15000 et 20000 roupies par cleareance, et donc répercute ce coût sur ces factures à ses clients (ce que fait Interfreight qui du coup est beaucoup moins compétitif, forcément…). Les douaniers n’apprécient pas…et nous n’avons toujours pas leur signature…Ils nous demandent 1000 roupies par officier et par véhicule pour fermer les yeux, et ils sont 8 officiers (ça fait 160 euros/véhicules !) Négociations, négociations….OK, ils signent sans bakchich, mais nous font promettre de ne rien donner à Seahawk en échange de ses services. (Pour les futurs overlandres, ceci n’a pas du tout impressionné Gobi qui compte bien continuer.)

17h30, on a tous les papiers.

Direction le port pour faire sortir le camion chargé du flat rack qui porte les 2 camions. Tous les papiers sont vérifiés, c’est tout bon. Mais…les mecs qui ouvrent et ferment les portes aimeraient bien, eux aussi, une piécette…

18h30, dernière porte : halte ! Le camion et son chargement sont trop gros, interdiction de circuler avant 20h !

Le temps de boire un coup et retour à 20h donc, mais le chauffeur du camion, a négocié et il est parti il y a 5 minutes. JM et David le rattrapent avec la voiture de location. Ils n’ont pas eu de mal car le camion a été arrêté par la police : le camion est décidément trop gros, il faut une autorisation du département routier qui ouvrira…lundi ! Encore un bakchich et l’affaire est arrangée.

25 minutes sont nécessaires pour atteindre le lieu du déchargement. JMarc et David tremblent que le chauffeur n’accroche une branche sur le trajet et n’endommage les camions.

Arrivés au lieu de déchargement, on découvre que l’accès est impossible car un fil, trop bas, empêche le passage du camion. Gobi avait bien fait les choses : 2 grues attendent de descendre le flat rack à terre, mais le camion ne peut pas aller jusqu’aux grues…

Comme tout finit toujours par s’arranger, une autre grue (à qui ? pourquoi est-elle là ?) est stationnée de l’autre côté du chemin. Ca fera l’affaire. Avec donc cette grue-miracle et une des grues prévues pour nous qu’on arrive à déplacer, le déchargement du flat rack peut avoir lieu. Il est déjà 22h30. Il reste donc à détacher nos camions et à les descendre du flat rack. Mais la marche est haute. Raymond l’Indestructible passe juste. Pour JJ c’est une autre paire de manches. Les manutentionnaires ont déjà fabriqué une rampe d’accès avec des bastaings déposés sur des vieux pneus, mais pour JJ il faut la prolonger. Ca ne suffit toujours pas. JMarc demande donc que le grutier soulève légèrement l’extrémité du flat rack et hop ! JJ glisse et se retrouve les 4 fers au sol !!!!

Gobi tout fier s’installe dans JJ et le met tout de suite à la mode indienne : radio à fond et klaxon en continu.

Retour à l’hôtel, il est 01h30 !

 

Bon allez, 2 mots pour finir :

Futurs overlandres, c’est une expérience incroyable. Etre 2 véhicules a compliqué certaines opérations, mais nous a remonté le moral et évité que notre budget ne tombe trop bas. Et surtout n’hésitez pas à nous demander des précisions (sur les coûts éventuellement), on vous ré-expliquera tout ça.

 

Pour nos fans : YOUPI !!! Le voyage recommence !!!



De la difficulté et du bonheur de vivre avec des rêveurs.

06:43 , 4/03/2009, Chennai .. 4 commentaires .. Lien
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25 février 2009 :

Etourdis ou rêveurs ?

Têtes en l’air ou idéalistes ?

Enervant ou attendrissant ?

Jamais avant ce voyage je n’avais autant vu la similitude de caractère
entre le père et le fils ….

Comme c’est agaçant quand, alors que j’explique pour la troisième fois
le problème de math sur la différence d’altitude entre deux sommets,
Bastien me demande si je crois vraiment que le sherpa avait un plus gros
sac à dos que l’alpiniste renommé !

Mais comme c’est charmant de voir son fils, assis sur un rocher,
contempler les étoiles et rêver à ….

Comme c’est énervant de devoir refaire quasi-systématiquement les
formulaires d’entrée aux frontières (on en est à 15 pays !) parce que
Jean-Marc se trompe de date de naissance, de N° de visa ou de N° de
passeport !

Mais comme c’est agréable de vivre avec quelqu’un qui dédramatise les
situations difficiles, que j’ai tendance à prendre trop à cœur.

Alors source de difficultés ou bonheur ?

Les deux mon capitaine !



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